Énergie solaire

Autoproduction solaire au Maroc : la réglementation et le matériel

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Pendant trois ans, l'autoproduction d'électricité au Maroc a vécu dans un entre-deux : une loi promulguée et entrée en vigueur, mais dont les dispositions décisives restaient suspendues à des textes d'application qui tardaient. L'article 36 de la loi le prévoit expressément : les dispositions nécessitant l'édiction de textes d'application n'entrent en vigueur qu'à compter de la date de publication de ces textes au Bulletin officiel. Ce n'est plus le cas. Le décret n° 2-25-100 du 5 mars 2026 est entré en vigueur le 9 juin 2026, et il fixe enfin les seuils de puissance qui déterminent la démarche à accomplir. Cette page fait le point sur ce que disent réellement les textes, en distinguant précisément ce qui vient de la loi et ce qui vient du décret, puis sur le matériel qui compose une installation. Al Shahm Group est distributeur agréé : nous fournissons les panneaux, les onduleurs, le câble solaire et les protections. Nous ne réalisons pas les travaux et nous ne remplaçons pas votre installateur ni votre bureau d'études.

Ce qui a changé, et depuis quand

La loi n° 82-21 relative à l'autoproduction de l'énergie électrique a été promulguée par le dahir n° 1-23-21 du 10 février 2023 et publiée au Bulletin officiel n° 7400. Elle pose l'architecture générale : trois régimes administratifs selon la puissance et le type de raccordement. Mais elle renvoie plusieurs paramètres décisifs, dont le seuil de puissance le plus bas, à des textes réglementaires qui n'existaient pas encore.

Ces textes sont parus. Le décret n° 2-25-100 du 5 mars 2026 a été publié au Bulletin officiel du 9 mars 2026, en même temps que la décision ANRE n° 04/26 fixant le tarif de cession de l'excédent. L'entrée en vigueur a été fixée au 9 juin 2026. C'est à partir de cette date que les démarches décrites ci-dessous sont effectivement opérationnelles.

Distinction à garder en tête tout au long de cette page : le seuil de 5 MW figure dans la loi elle-même (articles 5 et 6). Le seuil de 11 kW, lui, ne figure pas dans la loi. Il vient du décret d'application. Beaucoup de pages en ligne attribuent les 11 kW à la loi 82-21 : c'est inexact.

Les trois régimes, et lequel vous concerne

Le régime applicable dépend de deux choses : la puissance de l'installation d'autoproduction, et le fait qu'elle soit raccordée ou non au réseau électrique national. Une installation totalement autonome, en site isolé, ne relève pas du même circuit qu'une installation branchée sur le réseau de distribution.

Régimes d'autoproduction selon la puissance et le raccordement
RégimeQuelle installationOù se fait la démarcheTexte
Déclaration (hors réseau)Installation non raccordée au réseau électrique national, quelle que soit la puissanceAuprès de l'administrationArticle 3 de la loi 82-21
Déclaration (raccordé BT)Puissance inférieure à 11 kW, raccordée ou destinée à être raccordée au réseau basse tensionAuprès du gestionnaire du réseau de distribution concernéArticle 4 de la loi + seuil fixé par le décret 2-25-100
Accord de raccordementDe 11 kW à 5 MW, réseaux basse ou moyenne tensionAuprès du gestionnaire du réseau concernéArticle 5 de la loi + décret 2-25-100
AutorisationÀ partir de 5 MW, réseaux moyenne, haute ou très haute tensionAuprès de l'administrationArticle 6 de la loi 82-21

La basse tension est définie par la loi comme le niveau de tension inférieur ou égal à 1000 volts, ce qui couvre la quasi-totalité des raccordements résidentiels et de petit tertiaire. La moyenne tension va de 5,5 kV à 30 kV.Voir l'énergie solaire

Piège fréquent, et il est dans la loi : l'article 11 précise que la puissance d'une installation composée de plusieurs installations implantées sur le même site se calcule en additionnant la puissance nominale de chacune. Ajouter une seconde tranche de panneaux quelques mois plus tard peut donc faire basculer l'ensemble au-dessus d'un seuil, et changer le régime applicable.

Pourquoi le seuil de 11 kW ne vient pas de la loi

L'article 4 de la loi 82-21 vise « toute installation d'autoproduction d'une puissance inférieure à un seuil dont la valeur est fixée par voie réglementaire ». La loi laisse donc la case vide, volontairement. C'est le décret d'application qui la remplit, en portant ce seuil à 11 kW pour les installations raccordées au réseau basse tension.

À l'inverse, les 5 MW sont bien inscrits dans la loi : l'article 5 vise les installations dont la puissance n'excède pas 5 mégawatts, et l'article 6 soumet à autorisation celles dont la puissance est égale ou supérieure à 5 mégawatts. Cette distinction n'est pas un détail de juriste : elle détermine quel texte consulter quand un seuil évolue. Un seuil de décret peut être modifié par un nouveau décret, sans passer par le Parlement.

Revendre son excédent : le plafond de 20 %

L'autoproduction est définie par la loi comme la production d'électricité destinée exclusivement à couvrir les besoins de l'installation d'autoconsommation. La revente est donc une exception encadrée, pas la finalité du dispositif.

L'article 12 prévoit que l'autoproducteur peut vendre au gestionnaire du réseau électrique national concerné une proportion n'excédant pas 20 % de la production annuelle, au titre de l'excédent. Le tarif de cet excédent est fixé par l'Autorité nationale de régulation de l'électricité (ANRE), avec une différenciation par poste horaire. Un point essentiel pour un projet résidentiel : dans son communiqué, l'ANRE précise que ce tarif s'applique aux réseaux haute et très haute tension ainsi qu'aux réseaux de moyenne tension de la distribution, et que le tarif applicable au réseau basse tension sera fixé ultérieurement, après la mise en place du cadre réglementaire et technique adéquat. Autrement dit, une installation raccordée en basse tension ne dispose pas, à ce stade, d'un tarif de rachat publié. Le plafond de 20 % peut par ailleurs être révisé à la demande de l'autoproducteur, selon des conditions fixées par voie réglementaire.

  • L'article 13 prévoit une contribution due par les autoproducteurs raccordés, au profit du gestionnaire de réseau, au titre des services système et des services de distribution.
  • La loi autorise l'écrêtement, c'est-à-dire la réduction temporaire de l'injection, pour des raisons de sécurité et de sûreté du réseau. L'énergie non fournie de ce fait, dans la limite du seuil réglementaire, n'ouvre droit à aucune compensation.
  • En sens inverse, l'article 10 interdit au gestionnaire de réseau d'interrompre la fourniture d'électricité d'un client au motif que celui-ci dispose d'une installation d'autoproduction.

Installations déjà en service : la régularisation

Si des panneaux sont déjà posés et produisent, le sujet ne se règle pas tout seul. L'article 33 de la loi prévoit que les personnes physiques et morales exploitant des installations d'autoproduction avant l'entrée en vigueur de la loi doivent présenter à l'administration, dans un délai de dix-huit mois, une demande de régularisation de leur situation. Sur le calendrier, l'article 36 de la loi pose la règle applicable : les dispositions nécessitant des textes d'application entrent en vigueur à compter de la date de publication de ces textes au Bulletin officiel. Pour une installation existante, faites confirmer le régime applicable et le calendrier par votre gestionnaire de réseau ou par un conseil juridique : c'est une question de qualification, pas d'achat de matériel.

Ce que contient une installation d'autoproduction résidentielle

Au-delà de l'administratif, le matériel est toujours composé des mêmes postes. C'est là que se situe notre métier de fournisseur.

  • Les modules photovoltaïques, choisis en puissance unitaire et en nombre selon la surface disponible et l'objectif de production.
  • L'onduleur, qui convertit le courant continu des panneaux en courant alternatif utilisable, et gère le couplage au réseau lorsqu'il y a raccordement.
  • Le câble solaire en courant continu, de section adaptée (typiquement 4 mm² ou 6 mm²), résistant aux UV et aux températures de toiture.
  • Les protections : coupure et parafoudre côté continu, disjoncteur et différentiel côté alternatif, plus la mise à la terre et la liaison équipotentielle.
  • La structure de fixation et le cheminement des câbles, adaptés au type de toiture ou au sol.
  • Le comptage, dont les modalités dépendent du régime et du gestionnaire de réseau.
  • Les batteries, uniquement si l'objectif est l'autonomie ou le site isolé. Une installation raccordée qui vise l'autoconsommation directe n'en a pas nécessairement besoin.

Dimensionner : les questions qui décident

Le dimensionnement relève de votre installateur ou de votre bureau d'études, qui engage sa responsabilité sur le résultat. Notre rôle est de fournir les références correspondant à ce qu'il a spécifié. Les questions qui structurent réellement le choix sont les suivantes.

  • Quelle est la consommation réelle, relevés de factures à l'appui, et surtout à quelles heures de la journée est-elle concentrée ?
  • L'installation sera-t-elle raccordée au réseau, ou totalement autonome ? Le régime administratif en dépend directement.
  • Le raccordement existant est-il monophasé ou triphasé, et à quelle puissance souscrite ?
  • Quelle surface de toiture est réellement exploitable, avec quelle orientation et quels masques d'ombrage ?
  • Vise-t-on une puissance sous le seuil de 11 kW, ou l'accepte-t-on au-dessus avec la procédure d'accord de raccordement qui va avec ?
  • Prévoit-on une extension ultérieure ? Si oui, l'article 11 impose de raisonner sur le total du site dès le départ.

Nous ne publions ni promesse de production, ni calcul de rentabilité, ni durée d'amortissement. Ces chiffres dépendent du site, de l'orientation, de l'ombrage et du profil de consommation, et aucun fournisseur de matériel ne peut les garantir depuis un comptoir.

Ce que nous tenons en stock

Matériel solaire distribué par Al Shahm Group
PosteMarque distribuéeRéférences au catalogue
Modules photovoltaïquesJinko SolarTiger Neo 435 W, 450 W, 550 W, 580 W
OnduleursHuaweiSUN2000-3KTL, 5KTL, 10KTL, 20KTL
Câble solaire continuLa FargaPV 4 mm² et PV 6 mm²
Batteries de stockageHuaweiLUNA2000, plus une batterie gel solaire 12 V

À titre de repère seulement : une installation résidentielle construite autour d'un SUN2000-3KTL ou 5KTL se situe dans la zone basse, sous le seuil de 11 kW, tandis qu'un SUN2000-20KTL relève clairement du régime d'accord de raccordement. Le régime se détermine toutefois sur la puissance de l'installation d'autoproduction au sens de la loi, pas sur le seul modèle d'onduleur : faites trancher ce point par votre gestionnaire de réseau avant de commander.Panneaux solairesOnduleurs

Le côté alternatif reste une installation électrique basse tension

C'est le point que la plupart des pages sur le solaire oublient. En aval de l'onduleur, on retrouve une installation électrique basse tension ordinaire, soumise au référentiel normatif marocain applicable aux produits électriques. Le MCINET publie la liste des réglementations techniques et normes marocaines d'application obligatoire ; les familles ci-dessous y figurent.

Normes marocaines applicables aux composants basse tension de l'installation
Famille de produitNorme marocaineStatut
Câbles rigides isolés PR sous gaine PVC, séries U-1000 R2V et U-1000 AR2VNM 06.3.006Figure sur la liste des normes d'application obligatoire du MCINET
Disjoncteurs de protection contre les surintensités, usage domestique, courant alternatifNM 06.6.018Figure sur la liste des normes d'application obligatoire du MCINET
Disjoncteurs différentiels pour tableaux de contrôle des installations de première catégorieNM 06.6.022Figure sur la liste des normes d'application obligatoire du MCINET
Matériel de pose des canalisations et conduitsNM 06.6.007Figure sur la liste des normes d'application obligatoire du MCINET
Installations électriques à basse tension, généralitésNM 06.1.100Norme homologuée (IMANOR). Ne figure pas sur la liste NMO dans sa version du 23 janvier 2025

Nuance importante et souvent mal rapportée : une norme homologuée n'est pas automatiquement d'application obligatoire. L'obligation résulte d'un arrêté, et la norme figure alors sur la liste du MCINET. NM 06.1.100 est bien une norme marocaine, mais nous ne la présentons pas comme obligatoire, faute de la trouver sur cette liste dans la version consultée.

Sur le volet conformité produit, le marquage « Cم‎ » institué en application de la loi 24-09 relative à la sécurité des produits et des services concerne notamment le matériel électrique destiné à être employé dans certaines limites de tension, c'est-à-dire la basse tension, ainsi que les équipements soumis à la compatibilité électromagnétique. C'est un réflexe utile à l'achat : un produit électrique basse tension mis sur le marché marocain relève de ce cadre.Câbles électriquesAppareillages

En revanche, dans sa mise à jour du 23 janvier 2025, la liste des normes d'application obligatoire du MCINET ne comporte pas d'entrée propre aux modules photovoltaïques ni aux onduleurs solaires. Pour ces postes, exigez du fournisseur les certificats de conformité aux normes internationales du fabricant, et vérifiez que vous achetez bien un produit d'un canal agréé.

Commander chez Al Shahm Group

Nous sommes distributeur multi-marques agréé pour l'ensemble du bâtiment technique, avec un comptoir à Sidi Maârouf, Casablanca, et une livraison partout au Maroc. Transmettez-nous la liste établie par votre installateur ou votre bureau d'études, ou décrivez-nous simplement le projet : nous vous répondons avec les références disponibles et un devis. Nous ne publions pas de prix en ligne : ils dépendent des quantités, des références exactes et des délais.Nous contacterNos marques

Questions fréquentes

Ai-je le droit d'installer des panneaux solaires chez moi au Maroc ?

Oui, et le cadre est désormais opérationnel. La loi n° 82-21 organise l'activité d'autoproduction et son décret d'application n° 2-25-100 est entré en vigueur le 9 juin 2026. Ce qui change selon les cas, ce n'est pas le droit de produire, c'est la démarche à accomplir : une déclaration, un accord de raccordement ou une autorisation, selon la puissance et selon que l'installation est raccordée ou non au réseau.

À partir de quelle puissance faut-il autre chose qu'une simple déclaration ?

Pour une installation raccordée au réseau basse tension, le régime de déclaration s'applique en dessous de 11 kW. Entre 11 kW et 5 MW, il faut un accord de raccordement auprès du gestionnaire de réseau. À partir de 5 MW, on passe au régime d'autorisation de l'administration, délivrée après avis technique du gestionnaire du réseau national de transport. Attention : le seuil de 11 kW vient du décret, pas de la loi ; les 5 MW, eux, sont bien dans la loi.

Est-ce que je peux revendre l'électricité que je ne consomme pas ?

Dans une limite précise, et avec une réserve importante selon votre niveau de raccordement. L'article 12 de la loi 82-21 autorise l'autoproducteur à vendre au gestionnaire du réseau concerné une proportion n'excédant pas 20 % de sa production annuelle. Le tarif de cet excédent est fixé par l'ANRE. Attention toutefois : l'ANRE indique que ce tarif couvre les réseaux haute, très haute et moyenne tension, et que le tarif applicable à la basse tension sera fixé plus tard, une fois le cadre réglementaire et technique en place. Une installation résidentielle raccordée en basse tension n'a donc pas encore de tarif de rachat publié. Le plafond de 20 % peut être révisé à la demande de l'autoproducteur, dans des conditions fixées par voie réglementaire, et l'autoproduction reste juridiquement destinée à couvrir vos propres besoins.

J'ai déjà des panneaux installés depuis deux ans, suis-je en règle ?

Il faut le vérifier. L'article 33 de la loi prévoit un régime transitoire : les exploitants d'installations d'autoproduction antérieures doivent présenter à l'administration une demande de régularisation, dans un délai de dix-huit mois. Ce mécanisme est resté sans effet pratique tant que le décret n'était pas publié, ce qui n'est plus le cas. Rapprochez-vous de votre gestionnaire de réseau de distribution, ou d'un conseil juridique, pour faire qualifier votre situation.

Est-ce que vous faites l'installation ?

Non. Al Shahm Group est distributeur agréé de matériel : nous fournissons les panneaux, les onduleurs, le câble solaire, les protections et le reste du lot technique. La pose, le dimensionnement et les démarches auprès du gestionnaire de réseau relèvent de votre installateur ou de votre bureau d'études. Une liste de références établie par eux nous suffit pour préparer votre commande.

Combien coûte un kit solaire ?

Nous ne publions pas de prix, parce qu'il n'existe pas de prix unique pour un kit. Le montant dépend de la puissance visée, du nombre et de la puissance unitaire des modules, du modèle d'onduleur, des longueurs et sections de câble, du niveau de protection retenu, de la présence ou non de batteries, et des quantités commandées. Envoyez-nous la liste de votre installateur ou décrivez le projet par WhatsApp au 0663 660 030 : nous revenons avec un devis.

Quelle différence entre une installation hors réseau et une installation raccordée ?

Techniquement, une installation hors réseau doit couvrir seule les besoins, ce qui impose en général du stockage par batteries. Administrativement, la différence est nette : une installation non raccordée au réseau électrique national relève de l'article 3 de la loi, avec une déclaration auprès de l'administration, alors qu'une installation raccordée relève de l'article 4, 5 ou 6 selon sa puissance, avec une démarche auprès du gestionnaire de réseau ou de l'administration.

Sources

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