Bloc de secours : ce dont vous êtes responsable dans un local ouvert au public
Vingt heures, la lumière tombe, la salle est pleine. La vraie question n'est pas de savoir si des blocs de secours sont accrochés au plafond, mais lesquels, à quels endroits, et qui répond si l'évacuation se passe mal. Voici ce que dit le texte marocain, et ce qu'il faut demander en achetant.
Une coupure dure rarement longtemps. Mais dans un magasin, un café, une clinique ou le hall d'une résidence, ces quelques minutes sont celles où les gens se lèvent tous en même temps, cherchent la porte et ne la trouvent pas. Le bloc autonome d'éclairage de sécurité n'existe que pour ce moment-là. Le gérant, lui, découvre le sujet dans le mauvais ordre : le jour d'une visite de contrôle, ou après un incident.
Ce qu'un bloc fait, et ce qu'il ne fera jamais pour vous
Pendant l'exploitation, le bloc reste à l'état de veille et sa batterie se recharge. Dès que l'éclairage normal tombe, il s'allume seul. Le Règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les constructions demande que cette source de sécurité tienne au moins une heure, par source centralisée à batterie d'accumulateurs ou par blocs autonomes.
Il faut écarter tout de suite une confusion fréquente au comptoir. Un bloc de secours n'entretient pas votre activité : il n'alimente ni la caisse, ni le TPE, ni la chambre froide, ni le serveur. Il éclaire une évacuation. Si votre problème est la continuité d'activité, c'est un onduleur qu'il vous faut.
Deux besoins, deux produits. Le bloc de secours protège les personnes pendant l'évacuation, l'onduleur protège vos équipements et votre chiffre d'affaires. Aucun ne remplace l'autre.
Voir les onduleurs et stabilisateurs →
Le texte marocain, et pourquoi il ne répond pas pareil à tout le monde
La référence au Maroc est le décret n° 2-14-499 du 15 octobre 2014, qui approuve le règlement général de construction fixant les règles de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les constructions. Le règlement est publié sous l'en-tête du ministère de l'Intérieur et de la Direction générale de la protection civile.
Il ne traite pas tous les bâtiments pareil : un livre pour les établissements recevant du public, un pour les bâtiments d'habitation, un pour les lieux de travail. Votre première question n'est donc pas « quel bloc », mais « dans quelle famille suis-je ». Magasin, restaurant et clinique relèvent des établissements recevant du public, un atelier sans public des lieux de travail, un syndic des parties communes d'habitation.
Là, le règlement classe encore par type d'exploitation, désigné par une lettre (M pour les magasins de vente, N pour les restaurants et débits de boissons, U pour les établissements sanitaires, W pour les bureaux et banques), puis par catégorie, de la 1re à la 5e, selon l'effectif. Et il précise que « les dispositions particulières indiquent la conception à réaliser pour chaque type et catégorie d'établissement ».
Autrement dit, aucune page web, celle-ci comprise, ne peut vous dire ce qui s'applique à votre local. Votre bureau de contrôle et la commission de sécurité tranchent, sur votre type, votre catégorie et votre plan réel. Notre rôle est de vous éviter d'arriver devant eux avec le mauvais matériel.
La règle générale, elle, se lit sans ambiguïté : les dégagements, c'est-à-dire les issues, escaliers, circulations et cheminements, doivent être dotés de l'éclairage de sécurité, ainsi que les locaux contenant des occupants. Le texte distingue ensuite deux fonctions.
| Fonction | Ce qu'elle assure | Seuils cités par le texte | Flux |
|---|---|---|---|
| Éclairage d'évacuation | Cheminements, sorties, balisage, obstacles, changements de direction | Locaux recevant 50 personnes et plus, ou de plus de 300 m² en étage et rez-de-chaussée, ou de plus de 100 m² en sous-sol | 45 lumens au moins par foyer |
| Éclairage d'ambiance ou anti-panique | Un éclairement réparti sur toute la surface, pour éviter la bousculade | Local ou hall dont l'effectif peut atteindre 100 personnes en étage ou rez-de-chaussée, 50 en sous-sol | 5 lumens au moins par m² de surface |
Permanent ou non permanent : la question qui change la référence
C'est la distinction la plus utile à connaître avant d'appeler. Un bloc non permanent reste éteint tant que l'éclairage normal fonctionne et ne s'allume qu'à la défaillance. Un bloc permanent est allumé en continu et sert aussi de signalisation visible en marche normale.
Le règlement ne laisse pas toujours le choix. Pour la protection des escaliers dans les bâtiments d'habitation, il prévoit une dérivation issue directement du tableau principal et sélectivement protégée, ou « des blocs autonomes de type non permanent conformes aux normes en vigueur ».
Il existe un troisième état que presque personne ne demande à l'achat, et qui coûte cher en batteries : l'état de repos. Le règlement définit ce troisième état pour les blocs autonomes : un bloc éteint intentionnellement pendant que l'alimentation normale est coupée revient de lui-même en veille au retour du courant. Pour les lieux de travail, le règlement va plus loin et demande que l'éclairage de sécurité soit mis au repos ou à l'arrêt quand l'éclairage normal est volontairement mis hors tension. Le règlement n'impose pas de dispositif particulier pour cela, mais en pratique la mise au repos se pilote par une télécommande : posez la question à votre installateur avant de commander, pour que la gamme retenue le permette.
Où ils vont dans le local
Le règlement donne des repères concrets. Dans les couloirs et dégagements, les foyers lumineux ne doivent pas être espacés de plus de 15 mètres. Les panneaux de balisage sont éclairés par le luminaire qui les porte s'ils sont transparents, par les luminaires proches s'ils sont opaques. Pour l'ambiance, le rapport entre la distance séparant deux foyers voisins et leur hauteur au-dessus du sol reste inférieur ou égal à quatre.
Les parcs de stationnement d'immeuble ont leur propre logique, qui surprend les syndics : le texte y demande des couples de foyers, l'un en partie haute, l'autre en partie basse à 0,50 mètre du sol au plus.
Nous ne dessinons pas ce plan et nous ne posons pas les blocs : c'est le travail de votre installateur ou de votre bureau d'études. Le nôtre commence quand la liste existe.
L'entretien, la partie qui se voit le jour du contrôle
Le règlement range explicitement l'éclairage de sécurité dans le matériel de protection contre l'incendie dont il faut veiller au bon fonctionnement et effectuer ou faire effectuer l'entretien. Il impose aussi de tenir à jour un registre de sécurité, qui porte les dates des divers contrôles et vérifications ainsi que les observations auxquelles ils ont donné lieu.
Le point pratique est simple et désagréable : une batterie vieillit. Un voyant vert signifie que le bloc se charge, pas qu'il tiendra une heure. Le seul contrôle qui vaut est un test d'autonomie réel, écrit et daté.
Le règlement ne fixe pas une périodicité unique valable pour tous les bâtiments. Elle dépend des dispositions particulières applicables à votre type et à votre catégorie, et de ce que demande la commission de sécurité. Faites préciser ce point par votre bureau de contrôle, pas par une page web, marocaine ou française.
Ce qu'il faut nous dire au comptoir
Une demande exploitable tient en quelques lignes. Plus elle est précise, plus le devis part vite.
- La nature réelle du local : magasin, café, clinique, atelier, parties communes.
- La fonction demandée : évacuation, ambiance ou les deux, et à quels emplacements.
- Permanent ou non permanent, et si une télécommande de mise au repos est prévue.
- L'autonomie et le flux exigés par votre bureau d'études ou de contrôle.
- L'emplacement physique : intérieur sec, couloir, escalier, extérieur, parking. L'indice IP en découle.
- Les quantités par zone, tirées du plan et non d'une estimation au mètre carré.
- La marque déjà en place, si vous complétez un parc existant.
Notre catalogue référence un bloc autonome BAES 1 h Legrand, et nous consultons nos marques agréées pour les autres gammes. Confirmez la disponibilité avec nous avant de vous déplacer au comptoir de Sidi Maârouf. Avant de valider une référence, exigez la fiche technique du fabricant et vérifiez le marquage : c'est là que se joue la différence entre un bloc qui tiendra et un bloc qui s'éteindra en dix minutes.
Voir l'éclairage au catalogue →
Guide : vérifier un matériel électrique avant d'acheter →
Guide : les normes marocaines du bâtiment technique →
Nous sommes distributeur, pas installateur ni organisme de contrôle. Envoyez votre liste ou votre plan, nous revenons avec les références disponibles et un devis chiffré, généralement le jour même.
À retenir
- Le bloc de secours éclaire l'évacuation. Il ne fait fonctionner ni votre caisse ni votre chambre froide : cela, c'est un onduleur.
- Le texte de référence au Maroc est le décret n° 2-14-499 du 15 octobre 2014 et le règlement de sécurité incendie et panique qu'il approuve.
- Ce qui s'applique à votre local dépend de sa famille, de son type et de sa catégorie. Le bureau de contrôle et la commission de sécurité tranchent, pas une page web.
- Permanent, non permanent, mise au repos : c'est cette question qui change la référence à commander.
- Une batterie vieillit en silence. Le voyant vert n'est pas une preuve d'autonomie, un test daté au registre de sécurité en est une.
Questions fréquentes
Mon café fait 90 m² et je dépasse rarement 40 clients. Suis-je concerné ?
Peut-être, et la réponse ne se lit pas sur la seule surface. Le règlement raisonne par famille de bâtiment, par type d'exploitation et par catégorie, calculée sur l'effectif du public et du personnel. Un local sous les seuils n'est pas pour autant hors du texte : la règle générale demande l'éclairage de sécurité dans les dégagements. Faites qualifier votre établissement par votre bureau de contrôle, puis envoyez-nous la liste qui en sort.
Est-ce qu'un bloc de secours peut remplacer un groupe électrogène ou un onduleur ?
Non, et l'inverse est vrai aussi. Le bloc assure l'éclairage d'évacuation pendant au moins une heure, il n'alimente aucun de vos équipements. Pour garder la caisse, le froid ou l'informatique en service pendant une coupure, il faut un onduleur dimensionné sur votre charge réelle, qui est un poste séparé.
Mes blocs ont une dizaine d'années et tous les voyants sont verts. C'est bon ?
Le voyant vert indique que le bloc est alimenté et que la batterie se charge. Il ne dit rien de l'autonomie restante, et un accumulateur perd de la capacité avec les années et la chaleur. Le seul contrôle qui vaut est un test d'autonomie réel, consigné au registre de sécurité avec sa date. Si le bloc ne tient plus la durée, on remplace la batterie ou le bloc entier selon la gamme. Dites-nous la référence en place et nous vous indiquons ce que nous pouvons fournir.
Combien de blocs faut-il pour mon local ?
Cela se compte sur un plan, pas au téléphone. Le nombre dépend de la longueur des cheminements, du nombre d'issues et de changements de direction, des seuils applicables à votre établissement et des règles d'espacement, avec au maximum 15 mètres entre foyers dans les couloirs et dégagements. Votre installateur ou votre bureau d'études établit la quantité, et nous chiffrons cette liste.
Vous faites la pose et la mise en conformité ?
Non. Nous sommes distributeur agréé multimarque : nous fournissons le matériel, nous vous aidons à choisir la référence et nous garantissons son origine. La pose, le plan d'implantation et le passage devant la commission de sécurité relèvent de votre installateur et de votre bureau de contrôle.
Combien coûte un bloc de secours ?
Nous ne publions pas de prix, parce qu'ils bougent avec la marque, la fonction (évacuation ou ambiance), l'autonomie, le flux, l'indice de protection, la présence d'une télécommande de mise au repos et la quantité commandée. Envoyez votre liste par le formulaire ou sur WhatsApp au +212 663 660 030, nous revenons vers vous avec un devis chiffré, généralement le jour même.


